Kaffer était encore énervé et son père n’était pas arrivé.
Carl, son père, avait une voix apaisante et le don de réjouir les plus malheureux.
Ce soir-là, Kaffer ne mangea pas. Tard dans la soirée, il entendit ses parents parler entre eux mais il ne comprit rien de ce qu’ils avaient dit.
Le lendemain matin, Kaffer avait le moral très bas. Il prit un morceau de pain au vol et sortit en courant de chez lui. Il avait un poste d’observation rien qu’à lui. Personne ne connaissait son existence sauf lui. C’était une sorte de petit mont au nord de la maison, un peu éloigné. De là, Kaffer voyait tout ce qui se passait à la ferme.
Kaffer y monta ce matin et pleura. Il ne voulut de personne, même pas de son père avec sa voix apaisante.
De là-haut, Kaffer pouvait voir son père partir au travail. Il marchait jusqu’à la ville puis, là-bas, un ami le prenait en voiture et ils allaient ensemble jusqu’aux moulins (son père était meunier). Il resta sur son « mont » jusqu’à ce qu’il voie sa mère partir à la grange. Il n’y avait plus personne à la maison. Kaffer descendit de son « mont »et rentra chez lui. Il alla sur son lit et prit un livre. Il lut jusqu’à ce qu’il entende sa mère rentrer. Il descendit à la cuisine.
- Ou es-tu allée ? demanda Kaffer avec mépris.
- Euh…tu vois…enfin…je…je suis allée…à la grange, prendre du bois pour le feu. balbutia sa mère en déposant le bois dans la cheminée où il y avait déjà de belles flammes.
En réalité, Sally n’était pas vraiment allée à la grange pour ce qu’elle disait. Vous l’aurez sans doute deviné, Sally était allée cacher le chaton dans la paille.
A la maison, elle essaya de se débarrasser de Kaffer et n’eut aucun mal à ça. Kaffer quitta la maison et alla se réfugier sur son mont. Il savait que sa mère lui avait menti, son histoire ne tenait pas debout.
Mais là encore, une question torturait l’esprit de Kaffer :
Pourquoi sa mère lui avait -elle menti ?
Kaffer aurait quatorze ans demain. Normalement, un anniversaire excite le plus vieil enfant. Mais là, Kaffer avait l’esprit tellement préoccupé qu’il avait carrément oublié son anniversaire !
Ce n’est qu’en allant se coucher qu’il y pensa.
Le lendemain matin, personne ne vint le réveiller. Il se leva désespéré, sa mère avait certainement oublié son anniversaire.
En arrivant à la cuisine, il vit que le déjeuner n’était pas servi, d’habitude, quand il se levait, sa mère l’attendait et Kaffer s’asseyait à coté d’elle puis ils déjeunaient ensemble. Mais là, niet ! La maison était déserte. Il la fouilla de fond en comble mais toujours aucun signe. Les larmes lui montèrent aux yeux, ses parents l’avaient abandonné. Pour se consoler, il voulut se coucher dans la paille de la grange, il ouvrit la porte et…………
Surprise ! Sa mère se tenait là, le chaton dans les bras ! Il y avait aussi son cousin, son oncle, sa tante, son père, ses grands-parents et son nouveau chat !
Ses larmes s’effacèrent et un sourire les remplaça. Il fit une bise à tout le monde ; arrivé au tour de sa mère, il prit délicatement le chaton dans ses bras, l’embrassa, et enlaça sa maman très fort.
- Merci maman, s’écria-t-il tendrement.
- Son panier et ses jouets sont dans ta chambre.
- Ah bon ? J’ai du mal me réveiller parce que d’habitude, le jour de mon anniversaire, je fouille ma chambre dans tous les recoins pour savoir si tu m’as caché un cadeau !
- Regarde mieux. Et après, tu descendras pour déjeuner lui dit sa mère.
Kaffer monta dans sa chambre et regarda : les jouets étaient juste en bas de son lit. Quel étourdi ! Et le panier était là, au pied de son lit !
Il déposa le chaton (qui s’appelait Kambodge-Mir) dans son panier. Mais dès qu’il fut parti, Kambodge-Mir le talonna jusque dans la cuisine où il miaula bruyamment. Ce n’est que quand on lui donna à manger qu’il se calma.
Quand Kaffer alla dehors, son chat le suivit. A un moment, Kambodge-Mir se retourna et fonça dans une botte de paille. Intrigué, Kaffer entra dans la grange et appela :
-« Kambodge-Mir ! Kambodge-Mir ! »
Pour lui répondre, son chaton sortit de la paille, une souris dans la bouche.
-« Lâche ça ! lâche ça ! » ordonna Kaffer. Quand il y en aura trop, je te le dirai !
Il déposa le chaton à terre et courut à l’écurie. Il y avait cinq chevaux dont trois juments : Tapeur, Patro-Mutt, Vicra-Pri, Mième et Juego. Ils étaient grands, forts et beaux. Kaffer les aimait bien, surtout Mième !
Soudain, un petit garçon arriva en courant : c’était Paulo, l’ami de Kaffer.
« Je déménage ! » annonça joyeusement Paulo.
« Oh ! » lacha Kaffer, « tu … tu vas où ? »
« Je pars à l’étranger, en Afrique, mais je pourrai peut-être revenir. J’espère ! »
Kaffer était très triste : Paulo et lui étaient les meilleurs amis du monde. Les parents de Paulo travaillaient la plupart du temps en Afrique, alors, c’était évident, il devait partir un jour ou l’autre.
« Au revoir » dit Kaffer, et il partit en courant.
Que de tristesse ! Pourquoi le faisait-on tellement souffrir ?
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animalerie à la campagne - Couverture du livre. Fichier PDF - 896.3 ko |

La discussion
1. mercredi 21 mars 2007 attime 19:03, par Hélène Boursin
2. mardi 3 avril 2007 attime 22:15, par Sébastien Poyet
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